De venin et d'os Lyrics

Album: Ordalie

Et puis,

Dans tes nausées acides

Rouillent les rouages millénaires d’une symétrie assassine.

Des plafonds célestes et des profondeurs nauséabondes.

Des lumières sales qui font fleurir,

Entre les arches moisies de la solitude,

Nos désirs vestiges

Étalés en siècles d’abattoirs.

Et dans tes respirations décousues,

Tu portes toujours l’élégance tranchante

Des amours et des cadavres

qui ponctuent l’art sinistre d’exister.

Et tu creuses encore vers des paradis inversés.

Dans les entrailles où rumine la transcendance

Dont la colère tranche lentement ta voix.

Et plante dans ta souffrance le miroir acéré

de l’angle des désastres.

Et puis,

Tu te tords entre les aurores brisées

de tes révoltes, de tes crachats et de tes errances

Et de la beauté qui te décompose.

Étoiles,

Ressorties des douleurs.

Du néant atroce.

Échappées du désespoir.

D’entre les os et la boue.

Phares fragiles.

Étoiles,

Survivantes.

Soleils,

Des langages effacés.

Habillés d’espoirs vaincus.

Au plus noir du coeur

Soleils des paroles saintes

Et des verbes du sens.

Soleils,

À l’aube nucléaire.

Des cieux démembrés.

En toi se bousculent et se renversent

La poésie des catastrophes

Et le venin de l’urgence

De reprendre le ciel,

De répondre à la morsure par les fleurs du sang,

Et les couleurs de la perte.

Par les vers d’un amour déchaîné.

Et de crier à la mort

Des phrases percées de lumières.

Vomir et recouvrir la nuit.

De mots à pourfendre l’au-delà.

Des mots, auxquels je survivrai.