Du mont des oliviers S'envole les colombes La mort envoie ses messagers Des tournants de l'ombre Les pieds nus Suivant l'ordre ascétique Un cierge à la main Hululent les cantiques Je fait mon signe de croix Deuil, rite et dogma Entre dans la chambre du désespérant Pour son dernier saint sacrement La porte d'acajou où le couchant reluit Benit cette morte d'une chatoyante nuit Contemplation Lugubre expiation Contemplation Au mur des lamentations Dans l'alcôve moite et chauve Entouré des siens Je ne peux me résigner à y croire Frappant du poing sur ses seins La tête dressée vers Dieu Dans un hurlement sans fin Que la confession commence Je suis las de la voir agonisante Contemplation Lugubre expiation Contemplation Au mur des lamentations Elle est nue et allongée Ma muse est en sommeil Bel ange un peu frippé Rayonnante, éternelle Frémissant à chaque coup du glas Sereine et ironique Hostie, Judas et Avé Maria Quelle misérable absolution Le prêtre est désireux D'enfin en finir Son visage osseux Jouit d'un réel plaisir Le luth triste en pleurs L'immaculé victime La bonté comme crime D'une vie pour les autres Elle s'en est retournée Comme le prévoit la nature Près de ses Rosiers Vivante sépulture Du mont des oliviers S'envole les colombes La mort envoie ses messagers Des tournants de l'ombre