Ténèbre palpitante sur les ravins fuyants ; Tes lèvres qui respirent ont le goût de la lune, De tes mains l'eau jaillit dans l'écho taciturne Comme un thorax enflé que nul jamais n'entend Contre l'heure ennemie et ses lentes saisons, Tandis que l'oubli fait tomber sa chevelure Dans un strident vacarme sur les vagues figures Qui s'interrogent encore pour chercher une raison De vivre sur la terre comme au ciel, sans qu'un mot Leur signifie qu'un jour il leur faudra mourir ; Égrenant des morceaux de langue, d'un sourire, Sous l'éclatée paupière dont les vastes rameaux Jusqu'au matin soupirent ; souples fragments d'éther Forgés de douleurs fines, dans le ciel et la terre.