Apaisé je prendrai les ailes du cosmos Et me poserai fluide par delà l'éternel Écumant de mes plumes le ventre de Phobos Jusqu'à faire éclater les étoiles du ciel ! Apaisé j'entendrai le vertige divin Et ses notes de verre dont la nimbe perlée Pianotera la tige chevauchant les ravins Sous les voiles ravies et les rives voilées, Sous l'ivresse alanguie où l'orfèvre dérive, Sous l'étoile qui dort et la forêt filante ! Je toucherai enfin, nageant parmi les grives Des célestes dessins, ces figures qui chantent - Ô fiers paysages alourdis de velours ! Embrassant l'univers de ma bouche éblouie Sous le froid menuet de l'absolu silence ; De mon lit sans lueur, les limaces enfouies S'éliment en sueur dans les siècles immenses.