Lady in Black Lyrics

Album: Exosecte

Seul dans cette immensité d’où s’émane une sombre beauté,

sous un ciel gris d’argent, je contemple impuissant

cette plaine dévastée ou règne désormais

un silence si pesant qui déchire le temps.

J’embrasse la poussière qui recouvre cette stèle de pierre,

au goût froid de la guerre où s’échouent les larmes de la misère.

Sainte croix tu guides mes pas

et me pousse dans la voie ou plus rien n’a de lois.

Au loin les dernières ruines de mon passé se consument inexorablement,

des vapeurs noires s’étiolent langoureusement de ces décombres encore fumants.

Une langue de vent, moite et fétide me lèche les lèvres et me caresse le visage,

séchant l’ivresse des pleurs coulant de mes yeux rougis par la douleur et la rage.

L’odeur de la pourriture et la couleur de la peur se mêlent et s’embrasent

m’accompagnant sur ce chemin sinueux qui s’abîme dans la décadence.

Pas à pas je pénètre cette muraille végétale, quittant ma terre désolée,

ce mystérieux corridor m’ouvre les portes du royaume de l’obscurité.

La forêt de la malédiction mystérieuse contrée

d’où nul n’est jamais revenu.

Citadelle sauvage tu détiens en ton sein

légions de soldats terrassés et déchus

par ton occulte puissance.

Nécrotique citée, nos esprits se délitent dans ta suffocante purulence.

Hypnotique mélopée, nos esprits s’embrument dans ton incoercible errance.

Violente cacophonie, de ces hurlements lointains transperçant mon épaisse armure.

Lugubre symphonie, de ce vent soufflant dans tes architecturales ramures.

Passent et repassent ces images du passé,

prisonnier du temps devant ce sanctuaire d’argent.

Fierté d’une quête enfin achevée,

forêt maudite ton mystère percé.

Je me recueille sur cette tombe, tant de fois profanée.

Passent et repassent ces images du passé,

n’oublie jamais, oh ! non jamais,

ce visage gravé pour l’éternité.