La tourmente s'empare du firmament Et resserre nos cœurs comme un claustre dolent Que l'orage brouille l'horizon sombre Étalant ses couleurs en de longues traînées d'ombres C'est l'automne et la forêt s'éclaircit Se libère de ses feuilles en larmes dorées Et respire d'un lourd souffle retentit Qui siffle entre ces branches désolées Entre ces monts où tout semble faner et perdre vie Un linceul blanc et pur couvre les arbres affligés C'est perdu entre ces ruines glacées Que j'ai consommé ton eau-de-vie L'équinoxe est passé sur le ciel déprimé Étalant sur les plaines ses rayons obscurcis Et renferme contre mon cœur l'amère mélodie De l'exil de l'outarde, du corbeau tourmenté C'est perdu entre ces ruines glacées Que j'ai consommé ton eau-de-vie Puis je contemple l'assourdissant silence Des nuits froides et sombres En catalepsie, j'ai distillé la démence Mon âme comme alambic, dans ces sales pénombres Entre deux rêves oubliés dans l'infini L'existence se dresse comme un frêle donjon D'où misérables humains observent en agonie Le vertige immense de l'éternelle isolation Et les sombres songes d'ivrogne flétris Défilent d'un cortège en déchéance Portant l’emblème blême de ma patrie L'étendard de ma Sous-France