L'affrontement de l'intime Lyrics


Pour être Hanté — nul besoin de Chambre —

Nul besoin de Maison —

Le Cerveau a des Couloirs — pires

Qu’un Lieu Matériel —

Bien plus sûre, la nocturne rencontre

D’un Fantôme extérieur

Que l’affrontement de l’intime —

Cet Hôte plus froid —

Bien plus sûr, de galoper dans une Abbaye,

Les Pierres à ses trousses —

Que sans armes, se battre contre soi —

Dans un Endroit désert —

Soi derrière soi, dissimulé —

Voilà la plus grande alarme —

De l’Assassin caché au Domicile

Bien moindre est l’Horreur —

Le Corps — s’empare d’un Revolver —

Il verrouille la Porte —

Oubliant un spectre supérieur

Ou Plus encore —

La douleur tient du vide—

Elle ne peut se rappeler

Quand elle a commencé —ou s'il fut

Un temps où elle n'était pas—

Elle n'est —que ce qui sera—

Son infini contient

Ce qui fut —éclairé pour voir

D'autres cycles —de douleur.



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout

Et que tous les Morts, gisent –

Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,

Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair

Je sentais – ramper – des Siroccos –

Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds

Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,

Les Formes que j’ai vues

Apprêtées, pour l’Enterrement,

Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,

On eût rogné ma vie,

Et qu’elle ne pût respirer sans clé,

On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –

Et que partout – bée l’espace –

Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,

Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –

Sans une Chance, ou un espar –

Ni même l’Annonce d’une Terre –

Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)