"Il existe quelque part dans de sombres contrées isolées, la demeure où vit un homme rongé par la solitude et les regrets.
En proie à la folie depuis que le monde l'a rejeté, il décide d'entreprendre la création d'un outil vengeur, auquel il inculquera ses fantasmes de grandeur..."
Non pas né, mais chié au monde
Bébé d'une tumeur d'avortement
Excrétion purulente
Expulsé d'un renvoi éthylique
Un pur produit de la rancoeur et de la haine
Je suis sa marionnette
Son exutoire, son défouloir, son bon vouloir
Tabasse-moi si tu veux, étrangle-moi si tu peux
J'encaisserai chacun de tes actes odieux
Arrache-moi les cheveux, casse-moi en deux
Je me relèverai à chacun de tes gestes malheureux
Tu auras beau exploser mon écorce vernie
Je ne deviendrai pas un animal comme toi
Tu auras beau contaminer ma chair de toute ta haine
Je subirai une à une chacune de tes morsures de métal
"Ainsi le ventriloque exhibe fièrement le fruit du travail sculpté par sa débordante imagination.
Le public, conquis, explose de rire et de joie devant l'impressionnant réalisme de la marionnette, réclamant toujours plus de tours farfelus..."
Je suis ton pantin
Son objet de désir, sa fierté exacerbée
Il m'a bourré la tête de ses chimères et de ses récits improbables
Pensant ainsi dans un avenir proche crée
Un messager des cieux, un marchand de rêve...
L'illusion et l'intolérance seront mes armes
J'assommerai de mon discours d'ignorance
La bienveillance des petites gens
De mon aura de fanatique
Je soumettrai le libre-penseur
Me voilà, l'Arme Ultime
L'inquisition du monde laïque
Telle serait sa vision d'un nouvel âge d'or
Mais moi avant tout le pantin vidé, privé d'émotions
Je suis le diapason d'un esprit mort
Manipulé par l'abrutissement...
"Et une fois de plus, lorsque le rideau se referme, la poussière retombe sur les planches pourries de la scène.
Laissant ainsi derrière lui, la petite et triste marionnette seule dans le néant, seule avec les échos lointains qui résonnent encore au-dessus de la grande coupole..."
Affalé sur mon trône mis&rable
J'attends l'heure, résolue de ma prochaine sentence
Redoutant les nouvelles lubies perverses de mon bourreau
Au nom du Père, du vice et du simple d'esprit...