Chaque pierre pour chacune de mes failles, sort de terre chaque jour où va Grisaille. Et dans mon cœur Noirceur, l'Espoir pleure son éther à de promises funérailles : chute aptère au mortier de ma muraille. ...Ma muraille... Observant le temps qui passe où Mélancolie pendule sans bruit Chaque seconde écrase sa masse, lourdement, sur l'Ennui Quand soudain criaillent et croassent les cortèges noirs de la vie Qui s'envolent en disgrâce et retombent morts dans l'Oubli Comme les murs d'un rempart s'écroulant dans ce vacarme assourdissant Viennent déferler les ténèbres hurlants de mes plus sales sentiments Ô Toi le Mal dedans, tire-toi de mon tourment Laisse-moi à mon châtiment : vivant, le sang croupit dans ma guerre de cent ans Où se déversent et se fracassent les écumes noires de vinasse Qui dans un amer ressac effacent les audaces de l'Angoisse Laissant l'Ivresse, cette diablesse, monter aux hourds de ma forteresse Et embrasser les tours que celle-ci dresse pour que cesse Dame Tristesse Et pourtant je veux garder la nuit sous le Franc ciel inondé de gris Qu'au carcan noir des mélancolies, fort longtemps mes rêves s'enfuient Loin ! Loin de leurs affreux fils aux arts ensevelis, vains... Qu'ils restent tous enfouis, enclins au Rien, sous les murailles jadis.