Après cette longue marche Qui a duré tout le jour Je m'abrite sous ces arches Jalonnées de quelques tours Les corbeaux qui s'effarouchent M'abandonnent aux vermines Qui phagocytent la couche Que j'etablis en ces ruines J'y trouve du bois pourri Pour éclairer ce ratier Et distraire mon ennui Saignant mon coeur endeuillé Et je comprends ces bieux murs Qui murmurent hors de l'oubli Leurs souvenirs obscurs Qui soufflent de noires envies A mesure que pleut gnôle Dans le find de mes entrailles Pris par le chagrin des geôles Cette biture m'assaille Comme l'hiver sur les braises L'alcool ronge mon mal Bientôt les flammes se taisent Me laissant au noir hadal Et je sombre peu à peu En un profond sommeil ivre Je n'ai plus ce doute affreux Davoir demain a vivre Je sens le froid qui m'emporte Dans un repos éternel Au silence rendue morte Ma dépouille, seule, gèle...