L'espoir de son oubliette me tend sa lueur fluette Et l'obscurité me jette à des horizons célestes Où des idoles parfaites règnent par-delà les crêtes Et m'arrachent à la Bête, gerbant mon Moi indigeste Mais jamais plus je ne tète le sein flétri qui allaite Le long tourment qui s'entête à m'inoculer sa peste Puisque ce mal en conquête de las cerveaux sur sellettes Enfin dans le mien sécrète des parfums que je déteste La lumière qui embrasse mes travers, mes angoisses Fait au Père Sathanas le clystère qui le chasse Hors du gouffre Désespoir je ne souffre plus du noir Hors du gouffre Dépression je ne souffre plus, c'est bon. Et bien qu'au fond de ma tête l'agonie semble défaite Je sens qu'en moi l'on s'apprête au grand festin de mes restes J'aperçois ces trouble-fêtes d'asticots sur mon squelette Rongeant ma carne muette, ils sont ma cure funeste L'éphémère carapace de colère ou de glace Ne peut guère y faire face ; en poussière tout se casse Hors du gouffre Désespoir je ne souffre plus du noir Hors du gouffre Dépression je ne souffre plus.