Fraîchement sorti
des entrailles de ma mère
que déjà j’étais considéré
comme un pion
de ce foutu engrenage
Dès mon premier pas
dans ce monde bordélique
numéroté
certifié
comme étant un membre
à part entière
d’un système fissuré
Ignorant
que je devrai y contribuer
jusqu’à la mort
Me levant à contre-cœur
aller me faire chier
pour une cause
que je n’ai pas de souvenir
d’avoir admirée
glorifiée
Trop lâche pour me passer
je me rince le gosier
en à chier du sang
pour accéder
à celle que tant de gens
ont peur d’atteindre
La douce et sublime mort
celle qui libérera mon âme
prise dans un fardeau de chair
Cette option me semble favorable
plutôt que la moindre contribution
pour votre société
que je méprise
Chacun de mes organes
magané
par ce divin nectar houblonné
plus résistant
que j’avais anticipé
Ce foutu corps
ne finit pas par flancher
une lutte à finir s’est formée
entre mon âme
qui rêve de libération
et mon corps
qui offre résistance
à mes assauts d’ivrogne
Sans relâche
je franchirai
la seule certitude
qui m’était promise
à la naissance
Cette douce
et sublime mort