Si à chaque bourrasque je plie et je le tords, crois bien que le froid, c'est moi qui le mords
Si à chaque averse je me relève et m'en sors, crois bien que c'est le pied de l'eau qui m'a rendue plus forte
Et il caille dans ces pleines de morts, on avance mètre par mètre
La brume me perd et j'en suis d'accord, mais je vois, je suis hêtre
Et même si les montagnes sont basses, la terre n'est que pure passion
Alors je cours et je m'abreuve de la brume et je bois son eau à foison
On crache du haut de notre phare ! Drache et brouillard !
Après la brume vient le temps de brin, mais qu'importe la tempête, je lève mon poing !
Droite et déter, j'attends que le vent se lève, et tourne, la résilience, c'est pour les faibles !
Et puis, on n'est pas là pour traire les vaches, ou encore moins se taire devant de hautes haches
Si la vie a détruit mes pieds, pas grave, j'avance, alors nique sa mère la résilience !
J'en ai bravé des épreuves dans un matelas de pisse, à bouffer de la merde sans saveurs ni épices
Il paraît que dans le brouillard, les connaissances s'immiscent, alors peut-être j'aurais bien moins peur des grands précipices
Riffs mélancoliques qui arrachent ! Brouillard et drache !
J'ai pris la grêle, j'ai cru crever, je suis si frêle, bien amochée
Mais dans mon nid est tombé un gland dont la douceur apaise les tourments
Par la pluie, je redeviendrai pluie, laisse moi te mouiller, je suis un arbre qui retient les gouttes de tous passés souillés
Donne-moi tes bourgeons, laisse-les pousser sur mon tronc, mes racines enrobent ta robe, trois baisers sur le front
Sous mon aile blotti, je le protège des ondées, et de sa tige rigide, il m'aide à me relever
Ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi trempée
Mais j'érige mon chêne en roi de la forêt, et sous l'égide de mon tuteur, je me ferai reine à ses côtés
Imagine, une plaine verte, un brouillard à perte, une pluie torrentielle mais des branches inertes.