Je tâtonne depuis toujours dans la brume que j’adule Fuyant une clarté fourbe à la blancheur éphémère Rien ne m’effraie plus dans la vie de noctambule Rien ne me tente plus qu’un nid dans les ténèbres Je vous salue la nuit, pleine de grâce L’air s’imprègne de fraicheur et brise la glace Les hululements ont remplacé les "crass crass" Je vous salue la nuit, pleine de grâce Je m’en vais sorguer en blanc, contempler des heures de silence Lutter de tout mon corps contre l’inconscience Je vous salue la nuit, pleine de grâce Je m’en vais prendre place, au grand spectacle nocturne Bouffer des grillons sauce pleine lune Je vous salue la nuit, pleine de grâce Les doutes se meurent et la laideur s’efface, Avec la bêtise et les meurs qui me dépassent Je vous salue la nuit, pleine de grâce Mes craintes se gomment comme le vide sur les faces Et des piles de questions, de futurs qui tracassent Je vous salue la nuit, pleine de grâce Mes affres s’évaporent et encore mes angoisses L’incertitude s’endort et emporte le temps qui passe Aux rayons brillants de mille feux d’une étoile orgueilleuse qui nous fait baisser les yeux Je préfère me perdre mille fois à observer la lueur timide d’un modeste messager Car quand toute chose aura péri, quand l’ultime lueur aura faibli, C’est la nuit, en reine, qui a jamais dominera Et au grand royaume d’ébène, le soleil s’inclinera Et au grand royaume d’ébène, l’aveugle sera roi